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Les Frères Toulon : Chapitre 1 |
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Le lieu-dit la Croix La lumière du jour allait bientôt s’éteindre en cet après-midi d’automne 1774. Une brume épaisse, jaune, presque gluante, envahissait paresseusement l’immense forêt couvrant le plateau de Chambérat qui domine Montluçon alanguie sur les bords du Cher. Louis XV, le Bien-Aimé, avait été emporté par la vérole au printemps dernier et son petit-fils, le duc de Berry, un gros garçon mou, sans aucune volonté, lui avait succédé sous le nom de Louis XVI. Depuis des semaines et des mois, l’Auvergne avait faim et ses paysans se débattaient contre une misère extrême. Les rivières et les étangs avaient gelé. Les loups envahissaient les campagnes et venaient hurler à la mort, la nuit, aux portes des fermes et jusque dans les rues de Nocq, là-haut sur le plateau d’où l’on découvrait toute la région. -- Voyous, vous voulez donc sa perte, hurlait François Toulon horrifié, pendant que deux garnements qui mesuraient une tête de plus que lui le ceinturaient étroitement sur les bords du lac. -- Ramenez-le, il va mourir. Au secours ! se mit à hurler François, mais une main ferme s’abattit sur son visage et il eut beau essayer de se débattre et de mordre, ses cris furent vite étouffés. Il ne put qu’assister impuissant, à la scène qui se déroulait devant lui. Suivant les ordres de Blaise, le meneur qui ne voulait pas se salir les mains, les trois autres, Joseph, Antoine et Pierre s’étaient rués sur Jean-Baptiste pendant qu’il pêchait au bord d’un trou pratiqué dans la glace. Ils l’avaient frappé par derrière avec un énorme gourdin qui leur servait à mener les bœufs. Abasourdi, pris par surprise, Jean-Baptiste avait vacillé et s’était affaissé sur les genoux, au bord de l’étang blanchi par la neige. Le Sylvain avait rapidement couvert sa tête avec un sac de charbonnier l’aveuglant complètement pendant que les deux autres continuaient à lui taper dessus. -- Allez-y, foutez-le à l'eau, je veux en terminer avec cet avorton, cela fait trop longtemps qu’il nous nargue, il y en a un de nous deux qui est de trop, hurla Blaise qui ne se contrôlait plus. Les autres avaient peur de Blaise. Ils avaient traîné le corps de Jean-Baptiste dans la neige épaisse et l’avaient poussé sur la glace qui avait rapidement cédé sous son poids. A coups de bâtons, ils tapaient sur la surface gelée du lac pour élargir le trou qui s’était formé et le corps de Jean-Baptiste était en train de s’enfoncer lentement dans l’eau, pourtant peu profonde à cet endroit. Bientôt François n’aperçut plus son frère. Il ne distinguait plus qu’une ombre sous la glace translucide. Seules quelques bulles d’air, remontant à la surface dans l’orifice par lequel le jeune homme était passé, trahissaient sa présence dans son linceul blanc. François se débattait sauvagement, mais les autres semblaient éprouver comme un plaisir sadique à ce qu’il assiste à la mort affreuse de son frère. -- Il ne nous emm… plus, lança d’une voix forte à ses compagnons, Blaise, le plus grand, celui qui avait dirigé la manœuvre sans y participer. Il ne viendra plus rôder autour d’Hélène murmura-t-il d’une voix presque inaudible. -- Et celui-là, risqua Marcel, un des complices, qu'est-ce qu’on en fait ? Il va tout raconter. -- Cela m’étonnerait lança le meneur, on dira qu’il s’est noyé en voulant sauver son frère. Balancez-le ! Qu’il rejoigne l’autre bon à rien !
A ce moment précis, les silhouettes puissantes de deux cavaliers émergèrent de la brume et se profilèrent sur la digue qui domine l’étang situé au lieudit la Croix sur la route d’Archignat à Chambérat. Les jeunes voyous se tournèrent vers ces intrus qui, en cette fin d’après-midi d’hiver, prenaient une allure un peu fantomatique, et leur attention se relâcha un instant. François qui avait immédiatement reconnu le Marquis de Bartillat et son intendant, en profita pour s’échapper. Il courut comme un fou vers les chevaux en hurlant de terreur : « Au secours ! Ils ont noyé Jean-Baptiste, ils veulent me tuer. » Comme une meute de jeunes loups, les gueux s’étaient rassemblés, ramassant les gourdins qu’ils avaient abandonnés dans l’action, faisant front aux nouveaux venus qui troublaient leur besogne. Appréciant rapidement la situation, en homme habitué aux difficultés de l’existence, le Marquis empoigna un pistolet d’arçon chargé et cria à son compagnon, monté sur un grand cheval bai : « Balaye-moi cette canaille ! » Et pour bien marquer qu’il ne plaisantait pas, il tira dans la direction de la bande un coup de pistolet qui atteignit une branche à hauteur d’homme et la cassa net. En la voyant tomber à ses pieds, Blaise prit peur et donna le signal de la fuite. Les petits paysans s’éparpillèrent dans les sous-bois comme une volée de moineaux. Blaise, resté un peu en arrière, s’arrêta dans sa course. Voyant qu’il n’était pas poursuivi par les deux hommes, il regarda François, lui montra le poing et hurla. « Vous ne perdez rien pour attendre, j’aurai votre peau les Toulon. » Cette menace sans équivoque devait hanter les deux frères jusqu’à leur dernier souffle. -- Vite ! Cria le Marquis à l’autre cavalier : il faut le sortir de là. Ce dernier qui connaissait bien les lieux descendit prestement de sa monture et, accompagné de François, dévala la pente qui conduisait à l’étang. Il portait de hautes bottes en cuir et s’avança sur la surface translucide du lac gelé, donnant de grands coups de talon pour la faire céder. Il s’enfonça brutalement dans l’eau glacée, mais garda son équilibre. La profondeur à cet endroit n’était que d’un mètre cinquante environ et l’eau lui arrivait sous le menton. Il eut vite fait de repérer le corps de Jean-Baptiste qui flottait entre deux eaux. Il le prit sous les épaules et, en marchant à reculons dans la vase, entreprit de le ramener sur la berge. François et le Marquis poussèrent un cri lorsqu’il trébucha sur une souche enfouie près de la rive et faillit lâcher son fardeau. Mais bien vite, il put ramener le corps sur la terre ferme et l’étendit sur l’herbe gelée. Le garde et le Marquis avaient tous deux servi dans les armées de Soubise pendant la Guerre de Sept Ans. Lors de la bataille de Rossbach, ils avaient ainsi ramené des camarades précipités dans l’eau glacée lorsqu’un boulet avait détruit la pile d’un pont qu’ils traversaient à la poursuite de soldats en déroute. Ils savaient que le grand froid ralentit le métabolisme et préserve souvent de la mort ceux que l’on croyait irrémédiablement noyés. -- Vite, des couvertures, cria l’intendant. Il avait la voix du commandement. Le Marquis se précipita vers les chevaux, revint avec deux plaids et les étendit sur la neige du sous-bois qui crissait sous ses bottes. Avec des gestes précis, il installa ce qui était peut-être le cadavre gelé de Jean-Baptiste sur les couvertures et se mit à lui remuer vigoureusement les bras en cadence. Il s’était penché sur lui, ses genoux de part et d’autre du corps inanimé gisant dans la neige. Il appuyait sur sa poitrine, puis relâchait sa pression et se penchant sur le visage bleui du jeune homme, il tentait de le réanimer par une longue séance de bouche à bouche. François désespéré le regardait en pleurant tandis que le Marquis qui se sentait inutile contemplait la scène sans mot dire. Tout à coup, Jean frissonna brutalement et un éternuement sonore retentit dans les taillis envahis maintenant par l’obscurité. Le garde poussa un cri de victoire sauvage et s’acharna de plus belle sur le corps du jeune garçon qui revenait à la vie et dont le visage commençait à s’animer. -- Dépêchons-nous, il faut le transporter au relais cria le Marquis qui avait soudain retrouvé toute son énergie.
Quelques minutes plus tard à peine, ils étaient à l’abri dans un petit pavillon de chasse qui se trouvait à courte distance de l’étang. Jean-Baptiste achevait de récupérer, étendu sur un lit d’ordonnance, près d’un feu que l’on avait ranimé et qui commençait à chauffer l’atmosphère confinée de cette pièce rustique. -- Tu peux dire que tu nous as fait peur, lui dit le Marquis. Jean-Baptiste semblait très faible. Il ne disait rien se contentant d’arborer un sourire vague et de regarder les poutres du plafond, brunies par la fumée. La dame de lumière Soudain, il se mit à parler d’une voix étrange et douce que ses amis ne lui connaissaient pas : -- C’est extraordinaire ce qui m’est arrivé. Quand j’ai pris ce grand coup de gourdin sur la nuque, j’ai dû perdre connaissance. J’avais très mal et puis, tout d’un coup, la douleur a disparu. Je crois bien que j’étais mort. Je n’ai même pas senti le froid de l’eau glacée pendant que je m’enfonçais dans l’étang. J’éprouvais un sentiment de bien être, j’avais chaud, j’étais bien. Tous mes ennuis s’étaient évanouis. Je n’avais plus peur de Blaise ni de sa bande. Lentement, je me suis élevé au-dessus de l’étang. Je ne sais comment j’ai pu traverser la glace qui me semblait épaisse à cet endroit. Je flottais au-dessus de la surface et je voyais mon propre corps dans la profondeur de l’étang qui dérivait lentement vers le fond. Les autres le regardaient avec un étonnement qui ne fit que grandir quand il continua : -- J’entendais des bruits doux comme le murmure du vent de printemps dans les jeunes pousses, des cloches aussi. C’était celles de notre église, mais bien plus harmonieuses, jamais je n’avais écouté une aussi belle musique. Soudain, je vous ai aperçus, j’ai vu votre cheval et Monsieur l’intendant qui se jetait à l’eau. Je ne comprenais pas pourquoi il voulait aller me chercher sous la glace alors que je flottais tranquillement au-dessus de l’étang. Je vous ai appelés. J’ai crié : « Tout va bien ! Je suis là. » Mais vous ne me répondiez pas. Je n’arrivais pas à comprendre votre acharnement à me ramener sur la berge. Jean-Baptiste s’arrêta un moment pour avaler sa salive, le feu commençait à lui rougir le visage. -- Je vous ai vus, reprit-il, pendant que vous essayiez de me réanimer. Cet acharnement m’a paru bizarre. Je me trouvais très bien et je ne voyais pas pourquoi vous faisiez tous ces efforts. Je n’avais aucune envie de réintégrer ce corps étendu là dans la neige. Je ne cessais de me répéter : Je dois être mort. Comme c’est bien, comme je me sens bien. Je ne vois pas ce qui pourrait m’arriver de mieux. François et le garde-chasse se jetaient des regards furtifs pendant ce récit qui les plongeait dans la stupeur. Ils n’étaient pas au bout de leurs surprises. -- Soudain, j’ai pris conscience d’une présence qui m’a bien étonné, il y avait à mes côtés une femme que je n’ai vue qu’une fois ou deux. Elle m’a dit qu’elle était votre mère, dit-il en se tournant vers le Marquis. Je la croyais morte. Elle m’a ouvert ses bras. Cela ne m’a surpris qu’à moitié, vous avez toujours été tellement bon pour moi. Elle m’a dit qu’il ne fallait pas que j’en veuille trop à Blaise, qu’il devenait enragé contre moi parce que vous vous occupiez plus de moi que de lui. Elle m’a fait jurer de ne pas chercher à me venger. François et l’intendant se regardaient abasourdis. Seul le Marquis ne bronchait pas et tentait de garder une contenance. Il avait toujours voué à Jean-Baptiste une très réelle affection. -- La mère du Marquis s’est retournée, continua ce dernier, inconscient de la surprise que provoquaient ses propos, elle m’a montré à quelque distance une silhouette baignée dans une grande lumière qui nous observait. « Regarde bien cet homme, m’a-t-elle dit, Il est venu pour toi, mais cette fois, il va te laisser repartir, ton heure n’est pas venue. Mais sois assuré qu’à l’heure de ta mort, il reviendra te chercher. Peut-être serai-je là, moi aussi, ajouta-t-elle d’une voix hésitante. » -- Tout a été très vite ensuite, continua Jean-Baptiste. J’ai eu comme l’impression que j’étais aspiré par un ouragan qui me ramenait brutalement vers ce corps que vous persistiez à secouer et brusquement, je suis revenu à la vie, j’ai ouvert les yeux et j’ai vu que vous me souriiez. Il sortit le bras de la couverture pour saisir la main de l’homme qui l’avait ramené sur cette terre de souffrance et la serrer convulsivement. -- Merci, dit-il en haletant, alors que de grosses larmes s’étaient mises à couler sur son visage gercé par le gel. François avait écouté le récit de Jean-Baptiste, se demandant s’il ne rêvait pas. Son plus grand étonnement vint de la réaction des deux adultes qui étaient comme lui au chevet de son frère. L'aventure du soldate Er -- Sais-tu, dit doucement le Marquis pour briser le long silence qui s’était installé dans cette pièce au plafond bas après cet étrange récit, sais-tu que Platon, cet auteur que je t’ai fait lire, a raconté dans sa République une histoire qui ressemble étrangement à la tienne. Jean-Baptiste resta coi, mais on sentait sa curiosité en éveil. -- C’est celle du vaillant Er, continua le Marquis, le fils d’Arménios, mort au combat. Dix jours après la bataille, alors qu’on ramassait les cadavres en décomposition, on le releva lui, parfaitement conservé. Transporté chez lui pour les funérailles et placé sur le bûcher le douzième jour, il ressuscita et se mit à raconter ce qu’il avait vu. Les deux jeunes gens médusés, écarquillaient les yeux, se regardant furtivement et regardant tour à tour le Marquis et son compagnon, se pinçant presque pour s’assurer qu’ils ne rêvaient pas, que le feu, qui brûlait dans la grande cheminée et faisait craquer par moments les bûches, était bien réel. -- Aussitôt sortie de lui, continua le Marquis sans se préoccuper de leur étonnement, son âme s’était mise en route avec celle des autres soldats trépassés, et elles étaient parvenues en face de leurs juges. Aux justes, ceux-ci commandaient de prendre la route de droite, celle de gauche était pour les méchants qui avaient commis des injustices. Lorsque Er s’avança à son tour, les juges lui dirent, à sa grande surprise, comme on te l’a dit à toi-même, qu’il devait s’en retourner, que son heure n’était pas venue, mais qu’il était destiné à être pour les hommes un messager des choses de l’au-delà. -- Un messager des choses de l’au-delà répéta Jean-Baptiste qui ne pouvait croire ses oreilles alors que François restait muet d’émotion. Le Marquis le regarda avec un sourire et continua dans le plus grand silence que seul le craquement des braises troublait par instants. -- Er observa bien ce qui se passait autour de lui, des âmes arrivaient continuellement, comme à la suite d’un long voyage. Celles qui venaient du ciel racontaient les merveilles qu’elles y avaient vues, celles qui avaient été punies racontaient les peines qu’elles avaient subies. Elles parlaient d’une grande lumière verticale en manière de colonne. Chaque âme pouvait choisir le genre de vie qu’elle souhaiterait mener sur terre lors de son retour. Malheureusement, poursuivit le Marquis, bien peu choisissaient une vie juste et sereine. Elles préféraient opter pour la richesse et la puissance, se vouant ainsi à de nouveaux malheurs dans leurs prochaines existences. Quant à lui, on l’avait empêché de boire, comme les autres âmes, l’eau du fleuve Léthé, l’eau qui fait oublier et c’est pourquoi il se souvenait de tout ce qu’il avait vu là-bas. -- C’est une bien belle histoire, murmura l’intendant manifestement très ému. J’ai vu dans ma chienne de vie plusieurs soldats qui sont revenus comme tu viens de le faire, ils parlaient, comme toi, d’un être de lumière qui les avait accueillis. Ils n’avaient pas l’air plus contents que cela de retourner parmi nous. A se demander si l’on n’est pas mieux de l’autre côté ? ajouta-t-il songeur. -- Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureux de tout ce que vous venez de me dire, articula faiblement Jean-Baptiste. Quand je me suis retrouvé ici, en sécurité parmi vous, je me suis demandé si j’allais oser vous raconter mon aventure. J’avais si peur que vous ne me preniez pas au sérieux. Jamais je ne vous remercierai assez de m’avoir écouté ainsi, de m’avoir parlé comme vous l’avez fait. Il promenait son regard encore chargé des impressions de l’au-delà sur le visage de son frère et surtout sur ceux des adultes qui l’avaient sauvé. Que le Marquis, cet homme qu’il vénérait entre tous, dont il appréciait la culture et l’expérience, ne se soit pas moqué de lui, n’avait pas fini de l’étonner. -- Je croyais que vous alliez me prendre pour un fou, répéta-t-il d’un air manifestement soulagé. C’est tellement difficile à croire, tellement extraordinaire. Je ne savais même pas si j’arriverais à trouver les mots. Le Marquis le regarda sans rien dire, essayant de le conforter du regard. Il savait par expérience avec quelle cruauté, quelle inconséquence, les esprits forts, les sceptiques de profession accueillaient en général ce genre de récits. La mort restait un sujet tabou, malgré les efforts des philosophes. Le Marquis se demanda si, dans les siècles à venir, les hommes parviendraient à changer cela, à parler plus librement de ce sujet qui leur faisait tellement peur. Soudain, Jean-Baptiste s’empara de la main de François et, avec une gravité qui les étonna tous, il le regarda dans les yeux et lui dit : -- François, tu vas me jurer de ne jamais répéter à personne ce que je vous ai raconté. -- Qu'est-ce que tu nous as donc dit de si important ? demanda François. -- Ne fais pas l’imbécile, insista Jean-Baptiste, tu m’as très bien compris. Personne ne doit savoir ce qui vient d’arriver. Je ne tiens pas à devenir la risée du village. -- Je comprends, remercia d’une voix faible François, manifestement ému. -- C’est bien ! Jure-le, maintenant, jure-le ! -- Je te le jure, prononça solennellement, François. -- Nous te le jurons, nous aussi déclarèrent spontanément le Marquis et son compagnon. -- Merci, murmura d’une voix faible Jean-Baptiste qui s’allongea épuisé sur sa couche improvisée et s’assoupit en songeant à son Hélène après laquelle courait ce forcené de Blaise et qu’il avait hâte de retrouver.
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