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Les Frères Toulon:
Un dérapage sous la Terreur

La loi sur les suspects

 

 

 

Une loi scélérate

 Le 17 septembre 1793, Merlin de Douai, aidé de Cambacérès propose à la Convention le vote d'une loi d'une lâcheté et d'une bassesse sans précédent et qui ne sera jamais dépassée dans l'histoire des hommes : 

 

« Tous les gens suspects qui se trouvent dans le territoire de la République et qui sont encore en liberté seront mis en état d'arrestation.

« Sont réputés suspects

« Ceux qui par leur conduite, leurs relations, leurs propos ou leurs écrits se sont montrés partisans de la tyrannie, du fédéralisme, et ennemis de la liberté.

« ceux qui ne pourront justifier de leurs moyens d'existence et de l'acquit de leurs devoirs civiques;

« ceux qui n'auront pu obtenir de certificat de civisme;

« les ci-devant nobles qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution;

« les émigrés, même s'ils sont rentrés;

« les prévenus de délits, même acquittés

 

 

C'est la consécration du délit d'opinion et de la présomption de culpabilité.

Une instruction aggravante

L’instruction aux autorités constituées, en date du 26 brumaire de l’an II concernant les gens suspects aggrave encore la portée du texte.

« Tout est permis pour ceux qui agissent dans le sens de la Révolution. Il n’y a d’autre danger pour le Républicain que de rester en arrière des lois de la République.

Signé Duhamel Président, Verd Procureur-Général, Duviquet, Secrétaire-Général. »

« C’est ici que doivent s’évanouir toutes les considérations, les attachements, individuels. C’est ici que la voix du sang même se tait devant la voix de la patrie. Vous habitez un pays qu’une rébellion infâme a souillé. Eh bien ! citoyens magistrats du peuple, il faut que tous ceux qui ont concouru d’une manière directe ou indirecte à la rébellion perdent leur tête sur un échafaud. C’est à vous de les remettre entre les mains de la vengeance nationale. »

 « Si vous êtes patriotes, vous saurez distinguer vos amis, vous séquestrerez tous les autres. Vous ne serez pas assez imbéciles pour regarder comme des actes de patriotisme quelques actions forcées et extérieures, par lesquelles les traîtres ont souvent cherché à vous abuser. Voici le langage que la plupart d’entre eux vous tiendront : Mais qu’a-t-on à nous reprocher ? Nous nous sommes toujours bien montrés, nous avons fait notre service de garde nationale, nous avons payé toutes nos contributions, nous avons déposé des offrandes sur l’autel de la patrie. Nous avons même envoyé nos enfants à la défense des frontières. Qu’exige-t-on ? Que veut-on encore de nous ?   Vous leur répondrez : Peu nous importe ! Le patriotisme est dans le cœur. Qu’aucune considération ne vous arrête ! Ni l’âge, ni le sexe, ni la parenté, ne doivent vous retenir. Agissez sans crainte. Ne respectez que les Sans-Culottes. Le temps des demi-mesures et des tergiversations est passé. Aidez-nous à frapper les grands coups ou vous serez les premiers à les supporter. La liberté ou la mort. Choisissez. »

Cette loi fait donc un devoir au fils de dénoncer ses parents, à l'ami de trahir son ami. Elle encourage la délation et crée dans la société un climat d'insécurité généralisée.

 

 

 

 

Pour une visite guidée, il vous suffit de cliquer sur le mot suite en bas et à droite de chaque page. Bonne promenade !

 

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