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Le vingtième siècle s’est battu pour la conquête des terres. Le vingt et unième sera celui de la compétition sur la mer. Erick Tabarly |

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Le Montage Magique : |
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Une fondation Rapopos Ramon les conduisit ensuite à la fondation Rapopos où Miguel, jeune ingénieur cubain leur souhaita la bienvenue dans un amphithéâtre d’une vingtaine de places. Il travaillait depuis plusieurs mois déjà, avec un architecte de Floride. Ils avaient cherché ensemble une solution à l’augmentation vertigineuse du prix des terrains en bordure de mer, très lourdement taxés. Ils avaient découvert qu’à seize kilomètres des côtes, la réglementation devenait beaucoup plus favorable. Au-delà de deux cents kilomètres des côtes, on échappait complètement, à la compétence des Etats-Unis. Le principe de leur invention était relativement simple, comme la plupart des systèmes révolutionnaires. Des tasses flottantes Pour en faire la démonstration, Miguel utilisa une bassine remplie d’eau de mer. Il retourna une des tasses à café octogonales en plastique brun utilisées sur le campus, la posa, fond en l’air, sur la surface de l’eau, et la maintint dans cette position avec deux doigts. -- Voyez, elle flotte, grâce à l’air qui se trouve à l’intérieur. Il lâcha le mug qui bascula, se remplit d’eau et coula à pic -- Comme vous pouvez le constater, c’est un équilibre instable. Il sortit alors, de sous la table, un objet confectionné en collant ensemble une douzaine de gobelets en plastique identiques. Il le montra aux spectateurs, en le tenant à bout de bras et en le faisant tourner tel un prestidigitateur, puis le retourna, fond en l’air et le posa sur la surface de l’eau. L’ensemble flotta. Il posa un poids d’un kilo sur l’objet qui s’enfonça à peine. -- Sans commentaire n'est ce pas ? Nous avons déposé des brevets pour trois types de produits. Les composants techniques L’auditoire fasciné apprit qu’il existait plusieurs modules : des cylindres de polyéthylène, matériau aussi léger que résistant, qui peuvent supporter environ deux cents kilos, soit le poids de deux ou trois personnes pour un seul élément. Un second produit, d’une taille sensiblement supérieure, peut supporter deux mille cinq cents kilos. Le troisième produit, à base de béton précontraint, permet de construire des ensembles de cellules aussi importants qu’on le désire, La charge autorisée étant de trois mille tonnes pour chaque élément. -- C’est la même technique pour les trois produits, précisa le conférencier : Les cylindres sont ouverts à une extrémité et l’air, comprimé par l’eau, contribue à les faire flotter et permet de supporter de lourdes charges. En réunissant plusieurs éléments, on crée des ensembles de toutes tailles. Les cellules sont reliées par un mécanisme qui leur donne une certaine flexibilité et permet de résister au mouvement des vagues. Des applications multiples Cette technologie permettait, à l’évidence de créer des îles artificielles, des docks, des fermes d’élevage piscicole, des maisons flottantes, des pistes d’atterrissage pour les aéroports, des navires hôpitaux. Pendant des siècles, les gens ont pris l’habitude de considérer que la mer est un lieu de passage et non de résidence. Grâce à ce procédé, on pourra établir des zones de vie nouvelles en plein océan, créer de nouveaux territoires. Le conférencier poursuivait : « Ces unités, au contraire des terrains, peuvent être aisément déplacées d’un endroit à un autre. On peut les étendre, facilement dans différentes directions et de l’intérieur également si on le désire. Leur coût est très inférieur à celui des fronts de mer, en quantités toujours limitées et très réglementés dans tous les pays. -- Quelle sera la réaction de vos plates-formes flottantes quand surviendra un de ces ouragans qui dévastent périodiquement les Caraïbes ? s’inquiéta Suzanne. La question était pertinente. Bâtir en plein océan, zone peu clémente, soumise aux tempêtes et aux cyclones peut inquiéter, même si les populations n’hésitent pas à s’installer en Californie ou au Japon qui sont des zones de séismes permanents. Par la fenêtre, on apercevait, les pins qui avaient donné leur nom à ce lieu, balancés doucement par la brise marine. -- La plupart des menaces qui pèsent sur les océans, répondit Miguel, peuvent être prévues, grâce aux satellites météorologiques, dont les progrès sont constants. La route des hurricanes, notamment, est maintenant calculée plusieurs jours d’avance, avec une grande précision. Or, il est relativement facile de faire bouger les structures que nous venons d’évoquer. A l’aide de petits moteurs, une île de ce type peut être déplacée de deux cents kilomètres en vingt-quatre heures, ce qui est largement suffisant pour la mettre en dehors de la route suivie par l’ouragan. Si notre centre de recherches avait été construit sur une telle plate-forme, nous aurions pu éviter les dégâts sérieux, infligés récemment par l’ouragan Lili qui a ravagé une bonne partie de Cuba. L’idée de jouer ainsi, à cache-cache avec les cyclones tueurs, se révélait particulièrement séduisante. Avant de les quitter, il leur remit des cassettes vidéo permettant de faire la même présentation à leurs partenaires ainsi qu’un cédérom qui reprenait tous les points de ces applications.
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