Le fil de la vie n'est pas coupé à la mort; simplement il passe sur une autre navette. Liszt

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Le Montage Magique :

Les paradis fiscaux

 

 

 

Les Iles Cayman

-- Parlez-moi des Cayman, demanda Joëlle, tout le monde en a plein la bouche et moi, je ne sais pas seulement où cela se trouve.

  Ils étaient allongés, tous les deux, côte à côte. Edouard la regarda avec une certaine condescendance, il fallait vraiment tout lui expliquer. Mais il découvrait que cela ne lui déplaisait pas en définitive, de jouer les professeurs et de compléter son éducation. Il la trouvait jeune, belle, pleine de vie et son odeur le bouleversait quand elle se penchait vers lui. Il prit son air doctoral, mais sa voix n’avait pas complètement sa sonorité habituelle et Joëlle s’en aperçut. Elle aimait bien Edouard, elle l’écouta religieusement, forçant un peu son attention pour la circonstance.

  Pendant qu’il lui faisait un exposé un peu ennuyeux sur la géographie de ce petit archipel situé à trois cents kilomètres au nord-ouest de la Jamaïque, Joëlle, s’était légèrement rapprochée d’Edouard sur le large matelas pneumatique. Par suite d’un mouvement « involontaire » son pied gauche, avait heurté le mollet de son professeur qui, imperturbable, avait continué, sans réaliser que son maillot de bain en lycra trahissait son émotion.

  Tout en lui expliquant que l’île avait décidé de rester une colonie britannique au lieu de devenir indépendante et que la Reine était représentée par un gouverneur, il la regardait. Il avait vraiment envie d’elle, pourquoi est-ce qu’il était toujours coincé à ce point, depuis des années ?

  Il continua sans rien laisser paraître, c’est du moins ce qu’il espérait, expliquant que les îles Cayman correspondaient au superlatif du paradis fiscal, au nord absolu, au pôle magnétique de cette spécialité.

  Elle sentait son désir sur elle. « Sympa Edouard. Mais comment fait-il pour garder un semblant de ligne, avec tout ce qu’il ingurgite ? Pourquoi pas lui, finalement ? Jean, il commence à me fatiguer avec sa Suzanne. D’ailleurs, je ne le vois plus cet animal. Il  a du faire vœu de chasteté. »

-- La légende raconte, poursuivit Edouard, qu’en 1798, les natifs auraient, au péril de leur vie, sauvé deux personnages importants d’une très forte tempête ayant jeté  leurs bateaux sur les récifs de Gun Bay. Il s’agissait d’un prince de la couronne britannique et d’un amiral de la flotte.

  Elle écoutait Edouard ronronner, y prenait du plaisir, elle l’imaginait, en héros, plongeant dans les flots déchaînés de Gun Bay pour sauver des étrangers en péril. « Il ferait sûrement ça mon Edouard, je suis certaine que c’est un brave. » Elle l’entendit encore raconter qu’en récompense de ces hauts faits, Georges III avait décrété que les habitants seraient, pour toujours, exemptés d’impôts et de service militaire.

  Edouard s’apprêtait à ajouter que depuis cette époque et, de nos jours encore, il n’y avait dans ces îles bénies aucune fiscalité d’aucune sorte, mais les paroles qui expliquaient les causes de la prospérité de cette terre pacifique à travers les âges, ne franchirent jamais ses lèvres. Joëlle s’était rapprochée de lui et l’embrassait longuement sous le soleil qui lui brûlait le dos.

 

 

 

 

Pour une visite guidée, il vous suffit de cliquer sur le mot suite en bas et à droite de chaque page. Bonne promenade !

 

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