Le fil de la vie n'est pas coupé à la mort; simplement il passe sur une autre navette. Liszt

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Le Montage Magique

La gestion de patrimoine

 

 

 

Une praticienne avertie

Liliane avait sur son métier des vues lapidaires, mais assez justes.

-- Pendant ton absence, lui avait-elle confié, devisant sur l’oreiller, les choses ont bien évolué : Les gouvernements de la gauche, arrivés au pouvoir, un peu par surprise, n’ont pas voulu être accusés de ne penser qu’aux pauvres. Ils ont donc créé un inextricable entrelacs de mesures de toutes sortes en faveur des riches.

  André avait effectivement cru percevoir que la France était devenue l’un des pays où l’on paie le plus d’impôts, mais qui offre aussi un nombre infini d’échappatoires. Liliane assurait même qu’un esprit, fertile et bien conseillé, avait d’innombrables moyens de passer totalement au travers des mailles du filet. 

-- Il y eut ensuite un effet de balancier, continuait-elle. Quand les gouvernements de droite sont revenus au pouvoir, à la suite de toutes les affaires de corruption, ils n’ont pas voulu être soupçonnés de ne penser qu’aux riches et ils se sont empressés de défaire, pour plaire aux défavorisés, ce que leurs prédécesseurs avaient mis en place en quatorze années d’efforts. 

-- Toute cette agitation, concluait Liliane philosophe, n’a en réalité, affecté que les petits riches et les petits pauvres, les petits cadres, inférieurs et supérieurs. Elle a concerné surtout toute la bourgeoisie moyenne, prise dans une spirale ascensionnelle d’aisance, simplement à cause des progrès économiques qu’il est impossible d’enrayer complètement, malgré une gestion inefficace et maladroite.

-- Veux-tu dire que les vrais riches n’ont pas été réellement affectés ? s’était étonné André.

-- Certainement non ! Ils ont observé en silence cette agitation qui ne les concernait pas.

-- Et qu’ont-ils fait ?

-- Ils ont continué à investir leurs capitaux dans les fonds de Soros ou dans ceux de Rapopos, basés aux Bahamas.

-- Avec quel rendement ?

-- Ils ont reçu, régulièrement, depuis plusieurs dizaines d’années, 35 % par an net de toute pression fiscale.

-- C’est certainement illégal.

-- Tu plaisantes. Les fonds de Soros sont cotés à la Bourse de Paris.

-- C’est à n’y rien comprendre !

-- Ce n’est pourtant pas sorcier. Pour souscrire, il faut un minimum de plusieurs millions de francs ce qui n’est pas à la portée du premier smicard venu.

-- Mais 35 % par an, c’est considérable.

-- C’est bien meilleur encore que tu ne crois. En plaçant un capital d’un million de francs en 1980, l’investisseur se retrouve dix ans plus tard propriétaire d’un capital de vingt millions.

-- Es-tu sûre de toi ?

-- C’est un comble. C’est toi le matheux, non ? Tu n’as qu’à sortir ta calculette, espèce de fainéant.

  Vérification faite, plus tard pour ne pas perdre la face, le capital était bien multiplié par vingt tous les dix ans.

 La pluie avait cessé, il n’avait pas déjeuné. Il acheta un sandwich et décida de remonter tranquillement à pied vers le Concorde Lafayette où il devait retrouver  Zerbib.

 

 

 

Pour une visite guidée, il vous suffit de cliquer sur le mot suite en bas et à droite de chaque page. Bonne promenade !

 

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