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Le
fil de la vie n'est pas coupé à la mort; simplement il passe sur une autre
navette. Liszt |

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Le Montage Magique : |
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Un financier hors norme -- Né dans les années trente d’une mère cubaine et d’un père anglais, Ramon Rapopos compte aujourd’hui parmi les hommes d’influence de la planète dans le domaine financier. Il a poursuivi ses études à la London School of economics. C’est là qu’il a eu l’occasion de se lier d’amitié avec Georges Soros et ils entretiennent, encore à ce jour, des liens très étroits. -- Tu es sûr qu’ils ne se tirent pas dans les pattes ? s’enquit Joëlle qui émettait des doutes. -- Je crois qu’ils ont mieux à faire. En 1960, il s’est installé aux Etats-Unis et a obtenu la « green card » qui permet à un étranger de résider et de travailler dans le pays, tout comme un Américain. Il a exercé à New York, en tant que trader chez Bear Stearns, un des principaux courtiers de la première place financière de la planète. -- Suzanne a eu l’occasion de faire un stage là-bas. C’est impressionnant paraît-il, interrompit Charlotte. Les fonds de fonds -- Il fut l’un des premiers gestionnaires à créer un fonds de fonds, continua Leroux, imperturbable. -- Qu’est-ce qu’un fonds de fonds ? s’informa Joëlle. -- Si tu veux bien expliquer à Mademoiselle. -- Cela consiste, expliqua Charlotte, à acquérir non pas des valeurs individuelles, mais à investir dans des fonds regroupant déjà de nombreuses valeurs, bien gérés et performants. C’est une pratique qui s’est répandue depuis. La limousine roulait sagement, dans les embouteillages de la rentrée du week-end. Ils ne voyaient pas passer le temps. Leroux continua son compte rendu : -- Bref, il a fait progressivement fortune. C’est un personnage qui maîtrise toutes les techniques financières. Il excelle dans la gestion des futures et doit une partie de sa renommée sulfureuse à la spéculation contre les monnaies majeures de la planète. -- Cela n’a pas dû lui attirer que des amis. -- Non mais je crois que cela ne l’empêche pas de dormir. Il s’est fait une spécialité des opérations consistant à prendre le contrôle d’entreprises qui battent de l’aile. Son but n’est pas de les administrer, ni de les redresser, mais de les dépecer et d’en revendre les morceaux aux mieux-disant. Au passage, tous les actifs qui ne sont pas indispensables à la bonne marche des activités principales sont revendus avec profit. -- Mais dis donc ce n’est pas un peu immoral ça ? -- La morale n’a pas grand-chose à voir là-dedans, malheureusement. C’est une démarche comparable à celle des grands prédateurs. Elle jouit d’une fort mauvaise réputation dans les milieux économiques, mais elle a largement contribué au développement foudroyant de la fortune de Rapopos. -- Je vais aborder maintenant un sujet qui va vous rendre le personnage plus sympathique, continua Leroux après une pause. -- Cela me paraît indispensable, mon vieux. Les fondations -- Il a pris pour principe de distribuer cinquante pour cent de tout ce qu’il gagne et, croyez-moi Mesdames, ce n’est pas rien. C’est ainsi qu’il a fondé, en 1981 le « Fonds pour une Société libre » et créé, en 1986, le « Fonds Rapopos pour le développement économique des Caraïbes ». Il dispose d’un réseau de fondations qui opèrent dans vingt-cinq pays groupés dans cette région, mais aussi dans certains pays d’Europe, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis. -- Et quelle est leur orientation principale. -- Je suis sûr que vous allez aimer : Elles contribuent à jeter les bases d’une société libre et progressiste. -- Mais est-ce une véritable organisation ? -- Tout ce qu’il y a de plus impressionnante : Elle comporte aujourd’hui soixante bureaux répartis dans le monde, qui occupent, en permanence, près de douze cents personnes. Elle dépense, pour ses activités, quatre cents millions de dollars chaque année pour le développement d’une société plus libre. -- Rapopos est également le fondateur de l’Université centrale des Caraïbes, établie en 1992 aux Bahamas. Cet établissement d’enseignement supérieur offre des programmes d’éducation en matière d’histoire, d’économie, de science politique, d’histoire de l’art et de sciences sociales. -- Comment peut-il financer tout cela ? -- C’est très étonnant, je vous l’accorde. Les fonds d’investissement de Rapopos, actifs depuis quinze ans, ont eu, régulièrement des performances élevées. Ils ont gagné 30 % au moins par an. -- Trente pour cent, mais moi, la Caisse d’Epargne me paie 4,5% et, en plus, mon conseiller m’explique que c’est très bien, s’étonna Joëlle. -- C’est qu’il ne vit pas dans l’univers de Rapopos. Tu n’es en fait pas la seule à t’étonner de ses performances étant donnée la nature à hauts risques des placements effectués. Mais, la clé de son succès, Joëlle tiqua, il l’agaçait prodigieusement avec ses allusions incessantes à ces clés, c’est un puissant réseau d’amitiés et d’influences tissé à travers le monde. -- Mais qui lui fournit ces informations stratégiques ? -- On pense qu’il entretient des relations privilégiées avec de nombreux chefs d’Etat et que ces tuyaux de première main ne sont certainement pas étrangers à cette réussite exemplaire.
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