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L'affaire Siegfried :
Tome 1 Kidnappés ?

Rencontres du troisième type

 

 

 

 Témoignage d'un pilote de ligne

-- Albert, vous êtes-vous déjà trouvé nez à nez avec une soucoupe volante ?

  Pendant quelques secondes, il n’y eut dans les écouteurs que le grésillement discret des appareils. La question semblait avoir laissé le pilote pensif.

-- Pas moi personnellement, mon Capitaine, finit-il par répondre, d’une voix embarrassée, mais j’ai un ami, pilote comme moi, qui affirme avoir vécu une telle expérience en 1994 et au-dessus de Paris encore, pas la peine d’aller chercher loin. Tout l’équipage a vu un disque géant de plus de huit cents mètres de diamètre qui s’était immobilisé au-dessus de la ville. Les contrôleurs militaires du trafic aérien l’ont aperçu eux aussi sur leurs radars. Personne n’a pu dire de quoi il s’agissait.

  Raoul eut un choc en constatant, avec une certaine surprise, qu’Albert était en train d’évoquer quelque chose de bien précis, de soigneusement étiqueté dans sa mémoire.

-- Vous savez, continua Albert qui était redevenu plus volubile, c’est bien difficile ces questions-là. Il y a des consignes très strictes dans l’armée. Il ne faut jamais en parler, à personne, sauf s’il s’agit de phénomènes identifiés : des orages, des ballons sondes, enfin, vous voyez. Dans les autres cas - Raoul nota qu’il y avait donc d’autres cas prévus par le règlement - on nous fait rédiger des rapports qui vont dormir je ne sais où, classés secret défense et dont on n’a jamais plus de nouvelles, à croire qu’on ne les a pas faits.

-- Alors, pourquoi m’en parlez-vous Albert ?

-- Oh vous ! répondit le pilote avec un petit rire de gorge, avec vous, ce n’est pas pareil ! N’est ce pas mon Capitaine ?

Pour quelles raisons mystérieuses Albert pensait-il pouvoir sans risque le mettre dans ce qu’il appelait les secrets défense ? Il crut pouvoir s’en tirer avec un « Bien entendu Albert ! » qui devrait clore la question, même s’il sonnait un peu faux.

Encouragé par cette connivence, Albert continua après quelques secondes.

-- J’ai un bon copain, un Américain, il s’appelle Harris Brown, Harris avec un i. Il a travaillé au Pérou à Nazca - Connaissez-vous le Pérou, mon Capitaine ? Sans attendre la réponse, il continua : Lui, il en a vu des soucoupes et plusieurs fois, quand il était au Viêt-nam. Il m’en a parlé souvent. Ce n’est pas la même chose, lui, il n’est plus dans l’armée, il a donné sa démission.

Raoul ne répondit rien.

-- Vous en avez des drôles de questions, mon Capitaine, conclut Albert après quelques instants d’intense réflexion.

 

 

 

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