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L'affaire Siegfried : |
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Un message des Nibelungen Raoul aperçut un livre
qui traînait, à côté de la serviette d’Aurore : Le Message des
Nibelungen. Il le prit ; c’était un petit ouvrage relié avec sur sa
couverture noire l’image d’un labyrinthe qui lui rappela celui de la
cathédrale de Chartres, il n’était pas sûr. Il l’ouvrit et parcourut
distraitement les premières pages, la table du contenu et puis il sursauta
violemment en lisant une phrase de la préface. On y parlait des chansons de gestes « Ces œuvres qui exaltaient le
merveilleux, l’extraordinaire et les combats avec les puissances du
mystère. » Il se prit à rêver à sa vie
depuis dix ans et fut frappé de la coïncidence. Le merveilleux,
l’extraordinaire, il en avait justement des cartons pleins. Il les avait
côtoyés presque chaque jour, dans ses reportages dans tous les pays du monde,
même s’il avait refusé de les voir, de reconnaître la pression qu’ils
exerçaient sur la surface de notre monde en ébullition comme un chaudron de
sorcières, refusé d’admettre leur secret magnétisme qui faussait complètement
l’aiguille de sa boussole. Le combat avec les puissances du mystère, il en
avait eu aussi des exemples sans nombre, tellement d’ailleurs qu’il ne savait
plus où donner de la tête, tellement qu’il s’était réfugié dans la dérision,
une bonne fois pour toutes, pour ne pas avoir à fouiller trop avant des
questions dont il supposait qu’elles deviendraient vite gênantes. Pour
échapper à ce dilemme, à ce stress qui risquait parfois de le déborder, il
avait opté pour les positions simplistes qui avaient assuré sa fortune et
dont il commençait à se demander si elles étaient parfaitement sincères. |
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