
|
L'affaire Siegfried : |
|
|
Milliardaire cubain Le nouvel
arrivant, très à l’aise se présenta : « Mon nom est Ramon
Rapopos. » Raoul qui avait déjà
reconnu, peu après son arrivée, le célèbre financier cubain dont le portrait
faisait régulièrement la une des journaux financiers du monde entier, lui
tendit une carte de visite que ce dernier mit dans sa poche sans la regarder. Avec un grand sourire, il lui
dit : -- Je vous connais bien,
Monsieur Avelino, je suis un fidèle lecteur de vos articles. Vous avez une
plume impitoyable. Décidément, Raoul
ne se savait pas aussi célèbre chez les grands de ce monde. Il pensait que sa
prose sceptique et critique n’était lue que par le grand public des tabloïdes
et il découvrait que ceux qu’il dénommait dans son jargon personnel « les
géants » s’intéressaient à lui bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. On n’attendait plus
personne. Les procédures de décollage reprirent et le Concorde put enfin
prendre son envol. -- Je vous dois des
remerciements, vous savez ? -- (?) -- Mais oui ! C’est grâce
à vous que j’ai pu attraper ce vol. Je n’y croyais plus, j’étais terriblement
à la bourre. Et puis Air France m’a prévenu que le départ avait été retardé
de près d’une heure et que si je voulais le prendre, il était encore temps.
Ils ont été assez discrets sur les motifs de ce délai, mais j’ai sauté sur
l’occasion et j’ai profité de l’aubaine. -- Comment avez-vous su que
j’en étais le responsable ? -- Oh ! Rien de sorcier.
J’ai demandé à l’hôtesse que je connais bien, quelle était l’importante
personnalité qui avait réussi cette performance. Et, comme vous avez pu le
voir, elle a cafeté. Raoul buvait du petit lait. -- Je vous ai reconnu aussitôt
et j’ai pensé qu’il serait intéressant de confronter nos points de vue sur
votre sujet favori. |
|